La mise en route

Elle peut et devrait commencer dans la demi-heure qui suit la naissance.

Dès sa naissance, le bébé, réchauffé par un drap, est placé contre sa mère, blotti ventre contre ventre, sa tête entre les deux seins maternels.

Moment de rencontre intense… Lente recherche du mamelon si proche… Et déjà l’envie de téter. D’ailleurs, ça y est… Il tète !

Les chemins de la source de vie est trouvé, pour de longues semaines. Et puis, pour la mère, au milieu de ce grand pincement au cœur, un petit pincement… au ventre, car, belle organisation de la nature, cette succion a provoqué une contraction de l’utérus qui pourra ainsi stopper plus vite son saignement.

Après cette première prise de contact de plaisir et de vie, l’allaitement maternel va pouvoir s’instaurer au fil des jours.

Faut-il donner un biberon en attendant que la montée de lait se fasse ?

Très logiquement non ! Cela doit rester exceptionnel.

C’est la succion du sein par le bébé qui va accélérer la montée de lait.

Le bébé boira d’abord ce lait un peu clair mais très utile pour lui : le Colostrum, puis rapidement, votre lait deviendra un vrai lait, plus épais.

N’hésitez pas à vous faire aider par l’équipe de maternité. 

L’allaitement maternel a beau être un geste supposé naturel et instinctif, il mérite souvent au départ, aide et conseil de la part de la sage femme et de la puéricultrice, notamment pour tout ce qui concerne :

- La position la plus confortable à prendre pour vous éviter un mal de dos et pour dégager le nez du bébé,

- La manière de nettoyer le mamelon,

- Le soutien de la poitrine,

- L’éventuel besoin du bout de sein pour pallier la petitesse d’un mamelon,

- Les petits trucs pour éviter crevasses et engorgement.

Cette aide fait souvent partie des préoccupations de l’équipe de maternité. Parfois, elle vous paraîtra peut-être insuffisante, réclamez-là !

Il est souvent préférable, au début, de présenter les deux seins à chaque tétée, pour permettre une mise en route symétrique et une stimulation maximale de la lactation. Plus tard, la mère s’organisera comme elle veut, selon la voracité du petit bout et l’importance de sa lactation : un sein par tétée, en alternance une fois sur deux, ou les deux seins l’un après l’autre.

La durée d’une tétée : 10 à 15 minutes pour chaque sein environ ; avec organisation d’une mi-temps avant de passer à l’autre sein, pour permettre à l’enfant de récupérer, de faire son rot, de reprendre son élan.

Une tétée durera donc environ de 20 à 30 minutes. Attention aux crevasses du mamelon provoquées par les suceurs chroniques qui confondent sein et sucette !

Boire, il faut le savoir, représente pour l’enfant une grande dépense d’énergie, encore plus importante au sein qu’avec le biberon.

Plus le poids de naissance est faible, plus la prématurité est importante, moins l’enfant boira longtemps et moins les doses prises seront importantes, mais plus fréquentes, évidemment, seront les envies de téter.

Il n’y a aucune question à se poser du genre : « est-ce que mon lait est bon, lui
convient-il pour sa croissance, est-il assez riche ? »

Parce quil il ny a jamais de problème de qualité de lait.

Si votre état de santé est bon et qu’il n’y a pas lieu d’interdire médicalement l’allaitement, (cas rares, tels l’infection par le virus du V.I.H., par exemple) votre lait est forcément bon lui aussi.

Mais parfois, cest vrai, peut se poser un problème de quantité.

La nature pouvant vous faire bénéficier soit d’une lactation impressionnante (comme celle des nourrices d’antan qui avaient, c’est le cas de le dire, du lait à revendre…) soit d’une lactation moindre, ce qui peut parfois conduire à la « panne sèche » surtout en fin de journée.

Très souvent cependant les mères pourront toutes allaiter tout à fait suffisamment leur enfant, surtout pendant les premières semaines, ce qui est le plus bénéfique pour lui.

Lengorgement mammaire est un épisode encore assez fréquent, relativement imprévisible, survenant au moment de la « montée de lait ». Le sein est rosé, tendu,
douloureux…

Il faut tout faire pour empêcher un abcès de se former.

Si votre envie d’allaiter votre enfant vous est toujours autant chevillée au corps malgré la douleur et la frustration, voilà ce qu’il faut faire pour arrêter l’engorgement…

Il faut « vider » le sein !

En sachant que le meilleur tire-lait… C’est le bébé lui même !

Continuez donc d’allaiter votre enfant.

Mais en plus :

-Pressez-vous les seins manuellement plusieurs fois par jour, grâce à des manœuvres douces mais répétées et soutenues de quelques secondes, pour faire sortir ce lait accumulé et prisonnier.

-Prenez plusieurs fois par jour des douches, avec une eau mi-tiède mi-chaude, en dirigeant le jet sur vos seins et en les massant légèrement.

-Quand le bébé dort et ne réclame pas, utilisez pour vider vos seins un tire-lait artificiel que vous procurera la sage femme.

Ce faisant, l’épisode douloureux et inflammatoire disparaîtra dans la plupart du temps dans les 48 heures.

Si une certaine désespérance sinstalle, une fatigue, une inquiétude et finalement… un
« ras le bol ! », certaines mamans diront alors : Stop ! et choisiront d’abandonner l’allaitement maternel.

Un médicament, pour arrêter la montée de lait, vous sera alors proposé : le
Parlodel®.
Mais dès la première prise du traitement, le lait maternel deviendra
interdit pour votre bébé. Ce sera dorénavant pour lui le « biberon ».

Ce nest pas parce la mère est fébrile ou quun antibiotique lui a été prescrit quil faut arrêter lallaitement.

Dans certains cas, les risques d’abcès du sein persistent et l’on vous a prescrit des antibiotiques.

L’allaitement maternel n’a cependant pas lieu d’être arrêté !

Choisissez de prendre votre antibiotique après une tétée

En sachant que si votre enfant boit votre lait pendant ce traitement par antibiotiques, il n’y aura pas grande conséquence pour lui, pour ne pas dire aucune.

Donner à boire à votre enfant du lait maternel contenant quelques traces d’antibiotique (pénicillines) est un inconvénient tout à fait minime par rapport au grand bénéfice qu’il retirera dun allaitement maternel qui pourra se poursuivre.

D’autres cas nécessitant des antibiotiques sont possibles, telle l’infection urinaire maternelle. Mais là aussi, votre lactation, dans la grande majorité des cas, pourra être préservée et se poursuivre.

 

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