Les positions d’allaitement



Le coussin d’allaitement, l’allié essentiel.

Si vous possédez un coussin Corpomed®, en micro billes ( attention aux imitations de très mauvaise qualité et souvent aussi chers), vous pourrez tout faire avec ce seul accessoire. Sinon il faudra plusieurs coussins assez fermes et modulables.

L’allaitement en position assise.

Dans toutes les cultures traditionnelles les femmes  allaitent en position assise, plutôt par terre, soit en position du tailleur, soit jambes tendues allongées devant. Elles sont toujours très penchées en avant, par flexion des hanches, dos droit et non voutées .  Les coudes de la maman sont posés sur ses genoux,  le bébé est posé sur le bras, et le sein maternel vient vers le bébé. Mais le dos n’est jamais rond, le sein est en position d’éjection du lait, porté par le dos et non tiré vers le bas par la pesanteur (et il est lourd !)

Grâce à cette assise en avant, il n’y a ainsi  aucun appui sur le coccyx, pas de congestion ni de douleur dans le périnée, pas non plus au niveau d’une éventuelle cicatrice de césarienne.

Le problème est que nous ne sommes pas capables d’être assise par terre, dos droit, penchées en avant. Nous ne sommes plus assez souples, plus assez musclées au niveau du dos . Nous sommes avachies sur des chaises ou des canapés , appuyées en arrière, les muscles du dos et du ventre relâchés.

Les chaises sont toutes trop hautes, et  la circulation dans les jambes est catastrophique, les dossiers sont inclinés en arrière et nous glissons dans un toboggan si nous nous appuyons.

La mauvaise position

Le plus souvent, la mère toute préoccupée du bien  être du bébé ne s’installe pas, se pose sur une  fesse, la nuque est pliée, les épaules remontées, le bras qui soutient le bébé dans le vide, les fibres musculaire des seins étirés.

Le lait coule mal, le bébé tire sur le sein, il y a des risques de crevasses, d’engorgement. Le bébé peut avaler de l’air et avoir plus de renvois pénibles pour lui. Il ne ressent pas la détente maternelle et peut s’énerver lui aussi.

 

La bonne position

Il faut d’abord aménager la chaise ou le fauteuil :

• Placer des livres ou un  petit banc ou un tabouret sous les pieds jusqu’à ce que les genoux soient au niveau des hanches, ou légèrement au dessus.

• Ne pas s’appuyer en arrière sur le dossier mais rajouter un coussin dans le dos non pas au niveau des reins mais au niveau de la pointe des omoplates, à l’attache du soutien  gorge, pour que la poitrine soit bien placée ( les seins « remontent )

Il faut également rajouter un ou plusieurs coussins sur les genoux pour pouvoir poser le bébé au niveau du sein, le coude et l’avant bras posés, sans aucune tension dans les épaules, qui restent basses.

La position assise dite « au balcon ».

C’est une autre possibilité; en se posant très en avant, en appui sur un coussin assez épais et ferme pour soutenir le poids du tronc.

La position du bébé est alors soit couché ventre contre la maman, la bouche juste en face du sein, soit assis à califourchon sur la cuisse de la maman, le dos tenu par le coussin. Cette position peut permettre une verticalisation du bébé pendant la tétée et après, intéressante quand il y a des reflux.

La position allongée sur le côté.

Bien qu’elle ne se retrouve pas dans les cultures traditionnelles elle est très appréciable pour les mamans modernes beaucoup trop debout ou mal assises, et donc trop soumises à une verticalisation néfaste pour le dos, le ventre, le périnée…

Elle permet de se reposer pendant la tétée, de ne pas se fatiguer  en particulier la nuit.

Quelques erreurs habituelles et leurs conséquences sont à éviter: :

• Ne pas soutenir sa tête avec une main, en appui sur le coude. Les poignets sont vite douloureux, il peut y avoir des tendinites  qui durent longtemps.

• La nuque est pliée, et il y a des  tensions dans le cou, le haut du dos.

• Les jambes étant trop allongées il y a une cambrure qui tire dans les reins ( lombaires), dans les articulations du bassin ( sacro –iliaques) responsables de ces « fausses sciatiques ».

L’utérus qui est encore lourd tire sur les ligaments qui le suspendent . ceux –ci ne peuvent donc reprendre leur longueur, ils s’allongent trop , ce qui favorise la descente de l’utérus et des organes autour ( vessie notamment). Le ventre sort, pèse en avant et vers le bas, les abdominaux grands droits s’écartent. La respiration reste dans la poitrine, ce qui ne détend pas , n’aide ni le transit, ni la circulation comme le fait la respiration abdominale. Il est impossible de contracter les abdominaux du bas du ventre, qui devraient travailler  à chaque expiration.

Les aménagements sont essentiels

• La tête doit être posée, la nuque dans le prolongement du dos ; un oreiller est nécessaire, le bras allongé en dessous.

• La cuisse supérieure dot être remontée, hanche fléchie , l’angle cuisse- ventre  inférieur à 90°.

• Pour ne pas comprimer le ventre et faire de la place au bébé , un coussin est indispensable sous le genoux, assez haut et assez ferme.

Si vous avez un coussin micro billes assez long, il pourra soutenir la tête et le genou et caller aussi le bébé .

Dans ces conditions : il n’y a plus de cambrure,  les douleurs lombaires et sacro –iliaques disparaissent, la nuque est aussi détendue.

L’utérus est plaqué contre la colonne, remis «  vers l’intérieur »,  vers le haut. Les ligaments ne sont plus étirés, le ventre ne pointe plus vers l’avant et le bas, les grands droits ne s’écartent pas.

La respiration est spontanément abdominale,  élément essentiel de la détente, avec un mouvement automatique de « rentré du ventre » à l’expiration , massage des intestins, travail élastique des muscles  abdominaux  de ceinture. Le transit est amélioré, la circulation stimulée, en particulier dans le petit bassin et le périnée.

Le sein est à la hauteur de la bouche du bébé qui est couché sur le côté lui aussi, ventre contre la maman, sur le lit et non sur le bras ou le coussin.

Ainsi, une bonne installation va permettre la détente maternelle , ce qui est essentiel à la production du lait et à faire de ces moments des instants de « félicité » tout en aidant à une bonne récupération abdominale et périnéale.

Rédaction:  Dr Thierry Marck – Pédiatre

Références consultant : Dr Bernadette de Gasquet – Professeur de yoga – Périnéologue.

www.degasquet.com

 

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